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Faut-il légaliser le haschich au Maroc ?

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mehdibxl
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MessageSujet: Faut-il légaliser le haschich au Maroc ?   Mar 20 Mai - 23:54

Faut-il légaliser le haschich au Maroc ?



Face à l’inefficacité des campagnes de lutte contre la production du
haschich, des acteurs de la société civile appellent à la légalisation de sa
production au Maroc. Ne serait-ce que pour l’exploitation de ses atouts
pharmaceutiques. Ils préparent un débat national sur la question.



Le Maroc est la principale source de résine de cannabis (haschisch),
alimentant en particulier le marché européen. La région du nord où se concentre
cette herbe couvre environ 20.000 km². Cette surface s’étend de jour en jour à
d’autres zones. Toutes les mesures prises pour éradiquer cette culture illégale
n’ont pas donné des résultats satisfaisants.
Partant de ce constat, des acteurs de la société civile appellent à une autre
approche pour traiter cette question. Ils demandent carrément la légalisation du
cannabis au Maroc. Parmi les défenseurs de cette position figurent Lahbib Haji,
avocat et défenseur des droits humains, docteur Tahar Toufali, professeur
universitaire en science politique, docteur Benacer Hemmou Azday, professeur
universitaire en sciences physiques, Chakib Al Khayari, président de
l’Association du Rif pour les droits de l’Homme, Mohamed Chami, universitaire et
membre de l’Institut Royal de la Culture Amazighe... Ces derniers sont parmi les
auteurs d’un appel qui vient d’être lancé, servant d’« invitation pour ouvrir un
débat public sur la légalisation de cannabis au Maroc et l’orientation de ses
utilisations ». Cette initiative, vient selon ses initiateurs « après l’échec de
la politique de l’éradication des champs de cannabis au nord du Maroc, orienté
par l’UE et l’ONU, qui a eu deux résultats : l’aggravation de la souffrance des
familles des cultivateurs pauvres à cause de cette éradication des champs en
l’absence d’alternatives. Ce qui se contredit avec la politique nationale et
internationale luttant contre la pauvreté. Et a fait que beaucoup des
trafiquants ont changé leur stratégie en s’orientant vers le trafic des drogues
illicites dures et les armes qui sont vendus à des groupes criminels et
terroristes ».
Les défenseurs de la légalisation du cannabis au Maroc qui viennent de se
constituer en une sorte de groupe de pression, estiment que la vraie guerre doit
être menée contre les trafiquants de drogues et « non pas contre les champs de
cannabis où plutôt contre les pauvres cultivateurs ». Ils ont lancé l’appel
défendant l’idée de légaliser la culture de cannabis pour des usages
thérapeutique et industriel d’une façon générale, dans le cadre d’une économie
alternative dans les régions où il y a les champs de cannabis. Pour cela, ils
proposent aux autres acteurs et organisations marocaines d’ouvrir un débat
national sur la question. Dans l’appel qu’ils ont lancé ils proposent
« d’organiser des colloques et rencontres scientifiques et politiques, pour
développer les idées sur le sujet dans un cadre de démocratie et de respect,
afin de créer un forum marocain pour traiter de ce sujet. Et de collaborer avec
les chercheurs et les organisations internationales qui défendent l’usage
thérapeutique et industriel de cannabis ». Les initiateurs de cette action
travaillent d’arrache pieds pour faire entendre leurs propositions. Pour cela,
ils sont en train de mettre sur pied une première rencontre nationale sur le
sujet qu’ils programment pour le mois prochain.
Les acteurs de la société civile mobilisés autour de la question de la
légalisation de la culture du cannabis, ont également demandé l’appui d’ONG
internationales qui ont de l’expertise et de l’expérience en cette matière.
Notamment l’ENCOD (European Coalition for Just and Effective Drug Policies) et
l’Association Internationale pour le Cannabis Médical (IACM).
L’ENCOD est une plate-forme fondée en 1993 par des citoyens européens
soucieux ou concernés par la guerre contre les drogues. Cette ONG est persuadée
« qu’il faut remplacer la prohibition des drogues par une politique raisonnable
et juste, pour avoir une approche humaine permettant de réduire les risques
causés par les stupéfiants ». Pour elle, « mettre un terme à la guerre aux
drogues améliorerait le niveau de vie de centaines de millions de citoyens et
ferait perdre au crime organisé une très grande partie de ses revenus ».
L’ENCOD rassemble des représentants des usagers de drogues et des parents
concernés, des travailleurs sociaux et sanitaires, des experts, des
entrepreneurs, des citoyens et des activistes de toute l’Europe.
Quant à l’Association Internationale pour le Cannabis Médical, elle a été
fondée en mars 2000. Il s’agit d’une société scientifique qui défend
l’amélioration du cadre légal pour l’utilisation thérapeutique du cannabis et de
ses principes actifs les plus importants (les cannabinoïdes) dans les
applications thérapeutiques ainsi que la promotion de la recherche et de la
diffusion des informations. L’IACM prône le droit des médecins de discuter avec
leurs patients de l’utilisation médicale du cannabis. Des milliers de familles
dépendent du cannabis
Un accord de coopération a été signé en février 2003 entre l’Office des
Nations Unies pour la lutte contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et le
Gouvernement marocain à travers l’Agence du Nord qui a été désignée par le
gouvernement comme l’institution chargée de l’élaboration et de la réalisation,
en collaboration avec l’ONUDC, d’un programme d’actions de lutte contre les
drogues illicites et la criminalité organisée au Maroc.
Pour la mise en oeuvre de la première étape de ce programme, l’APDN et
l’ONUDC, avec l’appui du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural,
ont réalisé en 2003 une enquête socio-économique sur la culture du cannabis dans
les régions du Nord. Les résultats de cette enquête ont démontré que la
population s’adonnant à la culture du cannabis est de 804.000 personnes, soit
96.600 familles, chaque famille dégageant un revenu annuel ne dépassant pas 3600
dirhams par personne, soit 51% de leur revenu annuel.
Pour approfondir la réflexion liée à la culture du cannabis, 3 enquêtes
complémentaires ont été menées en 2004 : une étude sur la sociologie de la
culture du cannabis dans le Rif Central avec l’Association Interdisciplinaire
pour le Développement et l’Environnement TARGA ; une enquête sur les surfaces
cultivées en 2004 (une carte d’occupation du sol dans les provinces du Nord)
avec le Centre Royal de Télédétection Spatiale et une autre enquête scientifique
sur les rendements et la qualité du cannabis et de ses produits dérivés avec le
Laboratoire de Recherches et d’Analyses Techniques et Scientifiques, LARATES
(Gendarmerie Royale).
Réactions
Sur le site d’ENCOD (European Coalition for Just and Effective Drug Policies)
un Marocain a procédé à une comparaison entre la production de l’alcool et la
production du cannabis. Voici ses déductions.
« Il parait incroyable que la politique de répression du cannabis ne soit pas
davantage critiquée par les pays qui en sont traditionnellement producteurs.
Comment se fait-il qu’il n’y ait jamais personne pour s’étonner de ce que la
production d’alcool soit subventionnée et celle du cannabis persécutée. Comment
se fait-il que l’on se fasse les premières fortunes par le commerce de ce poison
dont les ventes ainsi que le nombre des victimes progressent parallèlement
partout dans le monde. La dangerosité n’est pas décisive dans ce domaine où
l’irrationnel semble régner en maître... Les morts de l’alcool sont sûrement
bien moins graves que ceux, introuvables du cannabis. Depuis des siècles, les
paysans marocains sont des spécialistes reconnus de la culture d’un produit
apprécié dans le monde entier. Ce cannabis pourrait les faire vivre mais au lieu
de ça ils sont combattus et criminalisés. Où est la logique de ce raisonnement ?
Pourquoi les dirigeants de ce pays ne défendent-ils pas leur culture lorsqu’elle
est attaquée et bafouée. Pourquoi ne combattent-ils pas aujourd’hui des
décisions internationales prises par leurs colonisateurs ? Ils approuvent ? Au
regard de la sécurité sanitaire, ils ne devraient pourtant pas avoir honte de
leur cannabis dans un monde où les parlementaires français eux ont trouvé le
moyen de faire l’apologie de l’alcool dans un livre blanc qui a fait croire que
le bilan de la consommation de vin par exemple, était positif. Le vin représente
60% de la consommation alcoolique en France et donc 60% de ses 45.000 morts. Ce
chiffre qui est très sous estimé est quand même impressionnant non ? ».
Source : Le Reporter
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