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Le Cabaret des hommes perdus

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akenaton
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MessageSujet: Le Cabaret des hommes perdus   Dim 3 Déc - 12:03

Le Cabaret des hommes perdus

Dire du "Cabaret des hommes perdus" que c’est le spectacle le plus pédé qu’on ait vu depuis longtemps n’a rien d’une insulte, tant cette revue menée tambour battant par quatre comédiens à l’homosexualité en bandoulière n’en finit pas de creuser, entre rire, drame, dérision et chansons, l’identité et la culture gay dans ce que celles-ci ont de plus profond. Rencontre avec une troupe follement motivée.

Par Didier Roth-Bettoni

Poursuivi par une bande de casseurs de pédés, un garçon exténué trouve refuge dans un bar paumé où il est recueilli par trois curieux personnages : un beau barman, une écervelée blonde (femme, drag, ou trans ?) et un homme qui se présente comme le Destin tout en préférant qu’on l’appelle… Dédé. C’est dire s’il ne s’agit pas là d’un drame réaliste mais bien d’une comédie queer où le sérieux (l’homophobie, le sida, le désir, le besoin de reconnaissance, le miroir aux alouettes de la gloire, l’identité, etc.) est sans cesse joyeusement parasité par des trouvailles, des idées, des rebondissements alliant le saugrenu à l’insolence, le loufoque à l’inattendu, le grotesque au sexuel. Car à peine ont-ils sauvé le jeune homme que ses trois nouveaux compagnons, Dédé le Destin en tête, vont lui faire miroiter un avenir (un destin) à la fois ridicule et grandiose, mirifique et pathétique, hilarant et tragique : devenir, lui, le petit hétéro quelconque la nouvelle star du X gay, une idole qui se nommerait Dickie Teyer, pseudonyme choisi en hommage au puissant engin qui se love entre ses jambes…

Acceptera-t-il ce futur avec tous ses aléas, cette grandeur et cette décadence qui s’offrent à lui en accéléré, acceptera-t-il de devenir gay et de mettre ses rêves de normalité en berne, d’entrer dans cette Star Ac’ du sexe qui s’offre à lui alors qu’il s’imaginait chanteur, acceptera-t-il que cette histoire qui se déroule sous nos yeux devienne la sienne ? C’est tout l’enjeu de ce "Cabaret des hommes perdus" stupéfiant et grinçant qui accumule avec brio les numéros (chantés, dansés et remarquablement joués) les plus improbables et les plus délicieusement drôles : le tournage d’un film porno avec réalisatrice hystérique et acteurs défaillants, le spectacle cauchemardesque et ringard d’une vieille diva égocentrique tentant de faire son come-back sur scène, la parodie fifties du bonheur minable d’un petit couple hétéro coincé entre brushing et lave-linge, etc.

Mais le brio de cette revue qui use sans complexe de tous les clichés liés à l’homosexualité, les assumant et les revendiquant avec panache, ne se situe pas que dans ses moments légers et politiquement incorrects. Cette réussite vaut aussi lorsque le rose et les paillettes virent au noir en particulier lors de la descente aux enfers d’un Dickie rattrapé par la drogue, viré des plateaux de tournage et réduit à faire de minables exhibitions en peep-show tandis que le VIH entame son œuvre mortifère.
Spectacle enthousiasmant et jouissif, " Le cabaret des hommes perdus " mérite qu’on y fasse une longue halte pour déguster à loisir les multiples tableaux et couleurs qui s’y succèdent au fil du texte de Christian Siméon, des musiques de Patrick Laviosa, de la mise en scène de Jean-Luc Revol ou des performances impressionnantes de quatre comédiens-chanteurs-danseurs aux registres très larges : Alexandre Bonstein (Dickie), Denis D’Archangelo (Dédé), Sinan Bertrand (Lullaby) et Jérôme Pradon (le barman). Entrez sans crainte, vous ne serez pas déçus.

Théâtre de la Pépinière Opéra, 7 rue Louis le Grand, 75002 Paris. Rens. : 01 42 61 44 16.




Dire du "Cabaret des hommes perdus" que c’est le spectacle le plus pédé qu’on ait vu depuis longtemps n’a rien d’une insulte, tant cette revue menée tambour battant par quatre comédiens à l’homosexualité en bandoulière n’en finit pas de creuser, entre rire, drame, dérision et chansons, l’identité et la culture gay dans ce que celles-ci ont de plus profond. Rencontre avec une troupe follement motivée.

Par Didier Roth-Bettoni

Poursuivi par une bande de casseurs de pédés, un garçon exténué trouve refuge dans un bar paumé où il est recueilli par trois curieux personnages : un beau barman, une écervelée blonde (femme, drag, ou trans ?) et un homme qui se présente comme le Destin tout en préférant qu’on l’appelle… Dédé. C’est dire s’il ne s’agit pas là d’un drame réaliste mais bien d’une comédie queer où le sérieux (l’homophobie, le sida, le désir, le besoin de reconnaissance, le miroir aux alouettes de la gloire, l’identité, etc.) est sans cesse joyeusement parasité par des trouvailles, des idées, des rebondissements alliant le saugrenu à l’insolence, le loufoque à l’inattendu, le grotesque au sexuel. Car à peine ont-ils sauvé le jeune homme que ses trois nouveaux compagnons, Dédé le Destin en tête, vont lui faire miroiter un avenir (un destin) à la fois ridicule et grandiose, mirifique et pathétique, hilarant et tragique : devenir, lui, le petit hétéro quelconque la nouvelle star du X gay, une idole qui se nommerait Dickie Teyer, pseudonyme choisi en hommage au puissant engin qui se love entre ses jambes…

Acceptera-t-il ce futur avec tous ses aléas, cette grandeur et cette décadence qui s’offrent à lui en accéléré, acceptera-t-il de devenir gay et de mettre ses rêves de normalité en berne, d’entrer dans cette Star Ac’ du sexe qui s’offre à lui alors qu’il s’imaginait chanteur, acceptera-t-il que cette histoire qui se déroule sous nos yeux devienne la sienne ? C’est tout l’enjeu de ce "Cabaret des hommes perdus" stupéfiant et grinçant qui accumule avec brio les numéros (chantés, dansés et remarquablement joués) les plus improbables et les plus délicieusement drôles : le tournage d’un film porno avec réalisatrice hystérique et acteurs défaillants, le spectacle cauchemardesque et ringard d’une vieille diva égocentrique tentant de faire son come-back sur scène, la parodie fifties du bonheur minable d’un petit couple hétéro coincé entre brushing et lave-linge, etc.

Mais le brio de cette revue qui use sans complexe de tous les clichés liés à l’homosexualité, les assumant et les revendiquant avec panache, ne se situe pas que dans ses moments légers et politiquement incorrects. Cette réussite vaut aussi lorsque le rose et les paillettes virent au noir en particulier lors de la descente aux enfers d’un Dickie rattrapé par la drogue, viré des plateaux de tournage et réduit à faire de minables exhibitions en peep-show tandis que le VIH entame son œuvre mortifère.
Spectacle enthousiasmant et jouissif, " Le cabaret des hommes perdus " mérite qu’on y fasse une longue halte pour déguster à loisir les multiples tableaux et couleurs qui s’y succèdent au fil du texte de Christian Siméon, des musiques de Patrick Laviosa, de la mise en scène de Jean-Luc Revol ou des performances impressionnantes de quatre comédiens-chanteurs-danseurs aux registres très larges : Alexandre Bonstein (Dickie), Denis D’Archangelo (Dédé), Sinan Bertrand (Lullaby) et Jérôme Pradon (le barman). Entrez sans crainte, vous ne serez pas déçus.

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MessageSujet: Re: Le Cabaret des hommes perdus   Dim 3 Déc - 21:09

euh biket tu l'aurais po fait en double ton article ? ou c moi ki ai trop bu de meka cola ?
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