mehdibxl Fondateur-Webmaster

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| Sujet: LIVRE : le fils du souk Sam 19 Jan - 15:46 | |
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Roman Une tragédie programmée «Le Fils du souk» de Driss Bouissef Rekab met à nu le destin dramatique d'un bâtard
Le très honorable maître d'école Si-El-Hadi, devrait effectivement se poser la question de savoir s'il n'est pas pour quelque chose dans la tragédie programmée de son propre fils Mohamed dont la vie a été marquée au fer rouge de l'exclusion. Mohamed ? Un petit délinquant comme tant d'autres que fabrique à une échelle industrielle le sous-développement et la tyrannie des hommes. Une frange de la population destinée à faire le bonheur des tabloïdes à la rubrique «faits divers» avant d'être broyée par la machine infernale de l'exclusion et du mépris.
La vie de Mohamed finit d'ailleurs au bas de page d'un journal du même type après une courte mais néanmoins tumultueuse vie inaugurée dans le dénuement et l'exclusion et conclue dans la délinquance et la mort violente. Pour qui connaît la trajectoire de Driss Bouissef comprendrait aisément son positionnement pour le réalisme social comme choix littéraire.
Ancien militant d'extrême gauche dans les années 70, arrêté, torturé et condamné à quatorze ans de prison, l'auteur de «A l'ombre de Lalla Chafya», pourrait difficilement tourner le dos à ce qui a fait sa raison d'être pendant de longues années : la cause des marginaux. Des gens pauvres à qui l'iniquité des pouvoirs, la corruption, la rapacité comme seul mode opératoire dans les rapports sociaux, ont privé d'avenir. D'autant plus difficilement que l'écriture de ce roman remonte aux années 80, alors qu'il était toujours sous écrou.
Et Si El-Hadi ? C'est le père géniteur en dehors de la norme et des conventions sociales. Vous l'avez deviné, Mohamed est un enfant de l'amour interdit, un fils illégitime, et selon le verdict impitoyable de la rue, un fils du souk, un bâtard en somme. D'où les ennuis de Mohamed depuis sa venue au monde dans l'une de ces innombrables masures de l'innommable «Cariane Central».
De quoi faire un délinquant, en effet. Comment en réchapper quand, en plus du handicap de la naissance, s'ajoute la violence de la mère, comme unique méthode d'éducation, celle du maître d'école, qui s'avère être en fait le père sans jamais le reconnaître. Et puis il y a l'environnement social ambiant. Nous sommes dans les années 70, une décennie incertaine et prétentieuse, une décennie de crises et de violences. Une décennie de tous les risques donc.
On en est encore aujourd'hui à nous en remettre de ses blessures, à redresser les torts. Mohamed, plus connu du sobriquet de Khouna, sombre donc dans la délinquance, la petite pour commencer, petit larcin sans trop grande gravité, et puis la grande, trafic de kif et de drogue. Les maux de notre société, la violence et l'extrémisme dont elle est traversée sont autant d'enfants naturels de l'autoritarisme et de l'arbitraire. _________________ webmester bab al hourria http://beurgay.free.fr et harraga http://zimigri.free.fr blog : http://mehdibxl.skyblog.com  |
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